Tribune sur la banderole maudite
"Kébé on est pas racistes la preuve on t'encule".
Quelle belle image donne t-on de notre chère île, pour une poignée de pseudos-supporters qui n'ont toujours pas compris que l'on vient au stade pour "supporter" son équipe, c'est à dire la pousser à se transcender afin qu'elle donne le meilleur d'elle-même et non pas pour se servir du sport comme d'un exutoire pour depressifs chroniques emplis de rancoeur et de frustrations. Par respect pour les morts du 5 mai 1992 ainsi que pour leurs familles, Furiani devrait être un sanctuaire où le devoir de mémoire devrait guider les agissements de certaines personnes vers un petit peu plus de réserve. Ceci étant dit, je m'insurge contre tout le tintouin médiatique que "l'affaire Kébé" a engendré. L'explication de toute cette histoire est simple, quelques jours plus tôt, un joueur de l'équipe de Valenciennes (Ouaddou) est victime d'insultes raciales à répétition, les médias se saississent de l'affaire, toutes les institutions du football ainsi que le gouvernement, qui font semblant de traiter le problème depuis des années et qui ressortent leurs beaux habits de chevalier blanc sentant nauséabondeusement la naphtaline et l'hypocrisie, crient au scandale. Quelques jours après Bastia, le FC Metz se déplace à Lyon et ses supporters se permettent d'offrir, à la vue de toute la capitale des gaules, tout un symbole (pour les moins informés Lyon était la capitale de la résistance durant la seconde guerre mondiale), des gestes et des propos à caractère nazi. Aucune sanction. Bien évidemment le président du club lorrain afin de pallier à toute communication négative prend bien soin de mettre en place tout un arsenal anti-racisme (maillot sans sponsor tout blanc avec la mention "non au racisme", 1000 enfants invités avec des t-shirts "racisme : plus jamais ça, etc...). Des actions ô combien symboliques et ô combien inutiles. La tribune Boulogne du Parc des Princes, qui n'est pas si loin des bureaux de tout l'establishment parisien mais assez quand même pour ne pas entendre chanter ladite tribune, est depuis plusieurs années un point de rendez-vous pour tous les inconditionnels du petit moustachu au bras droit levé mais cela n'est plus très choquant, la force de l'habitude... Le président de l'UEFA, Michel Platini, a qualifié que les actes racistes de Bastia étaient pires que ceux de Metz parce que prémédités. Personnellement, je ne savais pas qu'il y avait une échelle de graduation du racisme, donc on peut très largement insulter un marocain, un noir, proférer des insultes et autres chants nazis sur le coup de la colère (ou de l'enthousiasme pour certains) ce n'est pas très grave finalement et c'est tellement plus classe qu'une banderole... Vendredi 7 Mars 2008
Jean-Christophe Santucci
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