Interview: La co-fondatrice de 'Machja' nous répond

Catherine Soundirarassou, la co-fondatrice de "Machja" répond à nos questions. Cette marque se positionne sur le marché du prêt-à-porter équitable et biologique. CorsicaNova.Com présente une nouvelle fois une entreprise corse dynamique et prometteuse.



Interview: La co-fondatrice de 'Machja' nous répond
Présentez-nous "Machja" :

Machja a été créée en septembre 2005. Le co-fondateur et moi-même avions l’idée de rentrer en Corse, et lorsqu’on est jeune et spécialisé dans le marketing, ce n’est pas évident de trouver un emploi dans ce secteur. Donc nous avons lancé ce projet dans l’idée de créer notre emploi mais aussi d’embaucher à terme d’autres personnes qui se retrouvent dans la même situation que nous. On a eu l’idée du textile car il n’y a pas de marque textile en Corse, alors que par exemple, dans le pays basque des marques locales fortes existent. Ce qui crée énormément d’emplois notamment dans le graphisme, le stylisme, le marketing, la vente, surtout auprès de jeunes, et on s’est dit qu’en Corse ce serait magnifique si on pouvait reproduire le même modèle. On a donc eu l’idée de faire une marque avec une identité parce que la Corse a une identité très forte. Et il était hors de question de faire produire nos vêtements sans se soucier des conditions de travail des ouvriers qui façonnent pour nous. On a tout de suite pensé à une juste rémunération, qui est un des principes du commerce équitable, et à ne pas exploiter ces personnes. On a trouvé notre producteur en Inde, qui emploie des personnes handicapées ou issues de castes défavorisées. Elles sont bien rémunérées, travaillent dans d’excellentes conditions et nous fournissent de très bons produits grâce à de très belles matières en coton 100% biologique. Ce qui nous permet aujourd’hui d’apporter une offre qui est nouvelle dans le commerce équitable et dans le coton biologique, identitaire parce qu’on a crée cette marque corse "Machja" ("maquis" en corse), avec de belles matières et des coupes épurées et modernes.

Interview: La co-fondatrice de 'Machja' nous répond
Qu’est-ce que le commerce équitable ?

Il n’y a pas vraiment de définition du commerce équitable, pas vraiment de normalisation. Il existe des organisations internationales qui essaient de trouver une normalisation pour avoir un définition précise du commerce équitable. Pour l’instant le commerce équitable est un terme utilisé pour les petits producteurs qui travaillent la matière première (par exemple : café ou coton biologique). Il s’agit de payer à l’avance la production afin que ces derniers ne s’endettent pas, ne pas les exploiter, et de s’assurer qu’il n’emploient pas d’enfants. Pour résumer, juste rémunération par rapport au travail fourni avec paiement à l’avance.

Etes-vous seuls sur ce créneau en Corse ?

En commerce équitable, oui. Dans le biologique, non car il existe de l’agriculture biologique en Corse.

Où peut-on trouver vos produits ?

A l’étranger et sur le continent mais malheureusement pas en Corse. Le marché du prêt-à-porter en corse est difficile. C’est un marché principalement porté sur la marque sur la mode que sur des projets nouveaux ou sur des initiatives locales.

Note : les produits « Machja » sont aussi en vente sur machja.com

Interview: La co-fondatrice de 'Machja' nous répond
Vous avancez sur le dossier ?

Pas pour le moment, car on a un bon démarrage, nous avons de la chance de ne pas être obligés de démarcher en Corse pour pouvoir nous développer. On a bien sûr essayé mais comme le marché n’était pas réactif à notre offre, du fait que nous ne soyons pas une grande marque, on a décidé de se développer ailleurs, là où le marché est capable d’accueillir des produits novateurs tels que les notres, pour plus tard retourner en Corse. Il n’y a bien sûr aucune rancune, mais le marché corse est plus difficile et pour le moment nous sommes une petite structure, il est donc plus judicieux pour nous de concentrer nos efforts sur des marchés où il y de la demande pour le textile équitable.

Quels sont vos perspectives d’évolution ?

Nous sommes assez confiants pour l’avenir. Nous avons lancé notre première ligne de vêtements avant que la mode éthique soit beaucoup médiatisée. Depuis début 2006, la mode éthique est considérée comme une valeur sûre. Dans tous les médias, on parle énormément des nouvelles marques sur ce créneau. Les grandes marques de prêt-à-porter traditionnelles s’y mettent (Par exemple : Levi’s, H&M..). Dans ce secteur, il ne faut pas être considérés comme des suiveurs, ce qui n’est pas le cas pour nous. Nous sommes arrivés sur le marché un peu avant les autres. On a lancé des produits innovants, des jeans bio et les grandes marques ont suivi, donc je vois plutôt bien le développement de la marque. Ce qui est important c’est d’apporter un vrai message, une vraie histoire au consommateur. A partir de là, on ne sera pas considérés comme des suiveurs ou faisant de la récupération marketing. A la création de "Machja", on parlait du commerce équitable pour l’alimentaire mais pas pour les vêtements. Donc pour nous cela a été un vrai pari. Aujourd’hui c’est médiatisé et je pense que, plus tard, on en récoltera les fruits.

Interview: La co-fondatrice de 'Machja' nous répond
Avez-vous créé des emplois ?

Nous avons embauché deux personnes. Une qui s’occupe du commercial et du marketing et une autre du graphisme.

Quelles sont vos principales difficultés aujourd’hui ?

Nous avons besoin de plus de soutien de la région pour nous développer, recruter et atteindre nos premiers objectifs commerciaux. Sur la Corse, c’est difficile, lorsqu’on a un projet innovant ou qui sort des sentiers battus, d’avoir le financement et le soutien des collectivités locales. En général, on a plus de mal à avoir des financements pour des projets innovants ou technologiques que pour du commerce ou de l’agroalimentaire. Il faut d’abord faire ses preuves. Alors que c’est un projet qui pourrait avoir un grand succès commercial.

CorsicaNova.Com remercie Catherine Soundirarassou et Jean-Louis Rossi, les deux fondateurs de "Machja", pour leur contribution.

Lien: Machja.Com

Samedi 24 Mars 2007
Christophe Spinetti
Lu 6254 fois

Actualités | Economie / Entreprises | Politique | Sports | Débats | Nouvelles Technologies | Tourisme | Culture et Patrimoine | Divers